PIERRE DE VALLOMBREUSE
BADJAOS, LES NOMADES DE LA MER
Né à Bayonne le 23 juillet 1962, iI ressent très tôt l’envie d’être un témoin de son temps au contact de Joseph Kessel, grand ami de ses parents. En 1984, il rentre à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris avec l’idée de faire une carrière de dessinateur de presse. Un voyage à Bornéo l’année suivante va bouleverser le cours de sa vie avec la rencontre des derniers nomades de la jungle : Les Punans.
D’artiste sédentaire, il devient alors un témoin nomade. La photographie sera son mode d’expression.
Après Bornéo, il découvre aux Philippines, dans la jungle de l’île de Palawan, une vallée qui va structurer une très grande partie de son existence. Cela fait 34 ans qu’il raconte la vie de ses habitants, autrefois isolés, depuis longtemps exposés. Il a vécu avec eux plus de quatre ans, lors de 23 voyages, et continu à documenter son évolution.
Une première partie de son travail sur les Palawan fut présentée aux Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles en 1988, alors qu’il était toujours étudiant aux Arts Déco. Sa carrière était lancée.
Depuis 1986, il témoigne inlassablement de la vie des peuples autochtones sur les cinq continents. Il a constitué un fond photographique unique, en constante évolution, de plus de 140 000 photos sur 42 peuples, rendant ainsi hommage à la précieuse diversité du monde. La lecture du livre « Tristes Tropiques » éclaire sa trajectoire. Comme le dit Claude Lévi-Strauss chaque peuple souligne la multiplicité des réponses aux conditions de vie imposées par la nature et l’histoire. Comme l’anthropologue, Pierre de Vallombreuse nous fait découvrir la réalité complexe de leurs modes de vie et défend le respect et la juste représentation de ces populations fragilisées, dont l’héritage nous est vital, loin de la représentation exotique auxquels ils sont trop souvent réduit.
Ces populations sont trop souvent les premières victimes de génocides, de guerres, d’idéologies racistes, de prédations économiques, de pénuries alimentaires, de désastres écologiques et de « l’intégration désintégrant » dont parle Edgar Morin dans la préface de son livre « Peuples ». Autant de questions cruciales qui, loin d’être cantonnées à ces territoires plus ou moins reculés, concernent notre humanité. La réalité qu’il nous montre à travers la photographie n’est pas exotique mais celle de leur combat pour survivre.